LA PERFORMANCE REPASSERA

Dans un monde où tout est calculé, performer devient une évidence. Pas pour toutes et pas pour moi. Non mais oh ! Faut arrêter de se transformer en super femme, super maman, le cas échéant,super au boulot (si travail il y a), super partout et surtout partout. Ca n’existe QUE dans les films.

C’est comme les contes de fées, être la meilleure n’est qu’illusion, mirage, rêve ou cauchemar selon le point de vue adopté. Une fois que le fait est admis, tout doucement, sans heurt, sans bruit, le côté (pas obscur) de nos raisons d’être prend (enfin) son sens. Pas la peine de courir à droite, à gauche, au milieu. Si vous ne partez pas à temps vous serez en retard. C’est vieux comme le monde cette histoire.

Vous n’avez pas et n’aurez sans doute jamais le corps auquel vous aspirez, tant pis, vous êtes en vie et ça n’a pas de prix.

Vous n’êtes pas la plus dynamique (genre brasseur d’air) dans votre entourage, et alors ? Aller à son ryhtme n’a jamais été un crime.

Vous préférez la douceur à la violence, le vrai au faux, le naturel au trafiqué, le yoga au cross fit ? Vous êtes normale soyez-en assurée.

Dans nos sociétés (dites modernes), se dessine une envie, une volonté de cesser les entrainements à outrance (et qui font un mal de chien) pour laisser place à des actions plus respectueuses envers soi-même. Fini aussi les cures de détox qui pouvaient détraquer les organismes les plus solides.

Le self care se pratique désormais tout le temps et sans excès. On mange sain dans la mesure du possible, on marche beaucoup, on pratique le yoga et la fontaine de jouvence coule à flot (c’est ce qu’on essaye de nous faire croire) ! C’est du moins ce que courant, venu des Etats-Unis (encore eux) et de Los Angeles en particulier, souhaite insuffler. Prendre soin de soi sur du long terme en se respectant, en fuyant le stress ou en le canalisant (casse-toi énergie négative, laisse-moi avec mon être tourné vers le bon, le bien, le mieux pour moi). Un courant plutôt sympathique.

Et on n’oubliera pas, dans ce bel élan de conscience de soi, de tenir son journal, de pratiquer le journaling. Imaginez, dans la maisonnée, le ménage est fait, les choses sont à leur place, la propreté règne, les idées deviennent plus claires comme par enchantement (on reste avec sa baguette magique, prête à dégainer). Le concept du journaling c’est ça. Faites le ménage dans vos pensées en les écrivant au jour le jour, en les organisant, en les priorisant (tant qu’à faire). En rationnalisant. Ce qui n’empêche en rien les coups de folie (passagère) et tout de même maîtrisés. Attention hein ? Dès fois que nos pétages de plomb prendraient le dessus sur la grande sagesse qui aurait dû bloquer toutes les interventions toxiques. Et là, les choses commencent à se corser, pour moi.

Qu’est-ce que j’aimerais être d’humeur toujours égale (mais ne serait-ce pas suspect ?), humer ma tisane (ou mon café, ça c’est mon entorse à ce mouvement), prendre la vie avec philosophie (mais comment il s’est garé celui-là ?), savourer le temps qui s’écoule (ça fait deux plombes que j’attends, j’ai du rater ma position Pigeon lors de ma séance de yoga), sentir les effets bénéfiques sur mon organisme (deux heures de marche par jour et rien pas la moindre amélioration, je désespère un peu). Ah ! Mais c’est vrai je ne négocie pas mes barres de chocolat (c’est mon magnésium). Je travaille, promis, j’y travaille. Maintenant, faut que remplisse mon journal. Et comme lorsque j’étais gosse, je vais mettre du vrai très, très, amélioré, à la guimauve, rose de préférence. Demain sera un autre jour.

Où sont mes crayons de couleurs ?

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